Les périodiques
L'ancêtre des périodiques est le kalendrier des bergers qui était publié une fois par année de 1491 à 1700 environ. On y retrouvait la liste des fêtes, les phases de la lune, des prières, des recettes, des anecdotes ainsi que des prophéties. C'est donc le début des almanachs. Quoique populaires, ces publications annuelles et les occasionnels ne répondent pas tout à fait aux besoins du public. Le monde évolue rapidement, beaucoup d'événements importants surviennent, et au début du XVIe siècle, les gens sont avides de connaissances et d'informations. C'est donc pendant ce siècle qu'apparaissent, un peu partout dans le monde, des périodiques (surtout mensuels). Et c'est au XVIIe siècle, en 1622, que Nathaniel Butler fonde à Londres Le Weekly news, premier hebdomadaire.
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Théophraste Renaudot Renaudot préfère systématiquement les faits aux commentaires. Chaque information est datée et on en précise l'origine ou la source. Dans le but de publier un journal aussi actuel que possible, il travaille à diminuer le temps de production. Son journal aura beaucoup de succès : le tirage atteint 1200 exemplaires en 1638.
Le 30 mai 1631, ce brillant et très influent médecin français obtient à perpétuité et en exclusivité, le privilège royal de *faire imprimer et de vendre les nouvelles et récits de tout ce qui s'est passé et se passe tant en dedans qu'au dehors du Royaume.+ Le même jour, il fait paraître le premier numéro d'un hebdomadaire de quatre pages, La Gazette.Certains hommes qui publiaient depuis plusieurs semaines déjà *Les Nouvelles ordinaires de divers endroits+ vont demander l'annulation du privilège de Renaudot en s'appuyant sur leur antériorité, mais en vain, le Roi confirme l'exclusivité accordée à Renaudot. Comme ce dernier se retrouve ainsi seul maître du terrain, il fait le journal comme il le désire. Il invente l'éditorial, la publicité, le numéro spécial et les suppléments.
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La Presse et l'État
Le pouvoir politique a compris rapidement quelle arme représente la presse. Il va donc tenter de la contrôler de très près (par la ruse ou la force).
Au début du XVIe siècle, François 1er et Charles Quint (empereur d'Allemagne) se livrent une guerre de propagande par feuilles imprimées (guerre de religion). Le nombre des pamphlets (court écrit satirique qui attaque avec violence le gouvernement, les institutions, la religion, un personnage connu) et leur virulence s'accentuent.
Ensuite, La Fronde (Troubles qui agitent la France sous le règne de Louis XIV alors qu'il est mineur et que le Cardinal règne pour lui. Les ministres tentent donc de limiter les pouvoirs du Roi.) Pendant cette période, 4000 écrits clandestins s'en prendront au Cardinal Mazarin, certains à plus de 5000 exemplaires.
Le XIXe siècle (siècle d'or de la presse)
Autour de 1860, on atteint 12 000, puis 18 000 exemplaires à l'heure grâce à l'invention de la presse rotatives (combinaison de deux presses à cylindre). Ces progrès techniques combinés à l'amélioration des moyens de transport et de communication (télégraphe et poste) vont transformer la presse en une véritable industrie. Le journalisme devient alors un métier à part entière avec ses particularités et ses méthodes. Les agences de presse créent leurs instruments et leur style. La nécessité de faire parvenir les nouvelles rapidement, en temps de guerre par exemple, associée au prix des transmissions et aux pannes fréquentes du télgraphe à ses débuts impose la concision: c'est le schéma de la pyramide inversée. L'essentiel doit être dit dès les premières lignes (le *chapeau+), ensuite ce qui est important, les détails, les réactions...
Pendant tout le XIXe siècle, la presse écrite évolue très rapidement et s'installe comme un pouvoir important dans tous les pays du monde. En France, cependant, la lutte contre la censure se poursuit. L'État tente périodiquement de contrôler la presse ce qui amène de nombreuses révolutions. C'est également au milieu du XIXe siècle que les romans feuilleton font leur apparition dans les journaux. Victor Hugo, Alexandre Dumas (père), Honoré de Balzac, Émile Zola publie des romans à suivre dans les journaux français.
À Paris, le tirage global des quotidiens passe de 36 000 en 1800 à un million en 1870. En plus de cela, les grands hebdomadaires régionnaux naissent.
Pendant ce siècle en France, des dizaines de journaux naissent, la compétition est féroce. Cette compétition pousse les rédacteurs à améliorer la qualité de leurs publications, à en donner plus pour moins. L'équation est simple: plus le prix de votre journal est bas, plus vous avez de lecteurs et plus vous avez de lecteurs, plus les publicitaires seront intéressés par votre journal, et plus les publicitaires sont intéressés par votre journal, plus le prix en est bas.
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